FAQ sur les chutes au travail et indemnisation CNESST
Une chute au travail est-elle automatiquement reconnue par la CNESST ?
Non, la reconnaissance n’est pas automatique, mais la présomption de l’article 28 de la LATMP facilite grandement la preuve lorsque la chute survient sur les lieux du travail pendant vos heures de fonction. Dans ce cas, c’est à l’employeur ou à la CNESST de démontrer que votre blessure n’est pas liée au travail, et non l’inverse. En dehors de ces conditions, vous devez démontrer vous-même le lien entre votre chute et votre emploi.
Que faire immédiatement après une chute au travail ?
Déclarez l’événement à votre employeur, consultez un médecin même si vos blessures semblent mineures, et notez les circonstances précises de votre chute ainsi que les témoins présents. Ces éléments constituent la base de votre future réclamation à la CNESST, qui est liée par les conclusions de votre médecin traitant.
Quel est le délai pour réclamer une indemnisation après une chute au travail ?
Vous devez produire votre réclamation à la CNESST dans les six mois suivant la date de l’accident. Ce délai est de rigueur; consultez un avocat rapidement si vous vous en approchez pour éviter de perdre vos droits.
Suis-je couvert si je suis partiellement responsable de ma chute ?
Oui. Le régime de la CNESST indemnise sans égard à la faute, même si vous êtes partiellement responsable de votre chute. Seule une négligence grossière et volontaire de votre part, ne vous laissant aucune séquelle grave, peut faire perdre le droit à l’indemnisation. Dans la grande majorité des cas, une simple imprudence ne change rien à votre droit à l’indemnisation.
Mon employeur peut-il refuser de déclarer ma chute à la CNESST ?
Non, votre employeur ne peut ni refuser ni vous empêcher de produire votre réclamation à la CNESST. Il a même l’obligation légale de vous assister dans cette démarche en vertu de l’article 270 de la LATMP. Si votre employeur minimise l’événement ou refuse de collaborer, vous devez déposer votre réclamation directement à la CNESST sans son intervention.
La CNESST peut-elle refuser ma réclamation si je n'ai pas de témoin ?
L’absence de témoin ne rend pas automatiquement votre réclamation irrecevable, mais elle complique la preuve si l’employeur conteste les circonstances de votre chute. Un rapport médical rapide, des photos des lieux et une déclaration d’accident de travail écrite immédiate renforcent votre dossier en l’absence de témoin direct.
Puis-je poursuivre mon employeur en plus de ma réclamation à la CNESST ?
Non, sauf exception : l’article 438 de la LATMP accorde à votre employeur une immunité civile absolue pour une lésion professionnelle, la CNESST étant votre recours exclusif. Un recours civil reste possible contre un employeur autre que le vôtre sur un chantier partagé (art. 441 LATMP), ou contre un tiers non-employeur responsable de votre chute, comme un fabricant d’équipement défectueux.
Une chute en télétravail peut-elle être reconnue comme accident de travail ?
Oui, à certaines conditions. Dans l’affaire Air Canada et Gentile-Patti (2021 QCTAT 5829), le Tribunal administratif du travail a reconnu comme accident de travail une chute survenue dans l’escalier intérieur du domicile d’une travailleuse pendant sa pause-repas, son domicile étant alors considéré comme son lieu de travail. La reconnaissance dépend toutefois du lieu précis de la chute et du lien avec vos fonctions au moment de l’événement.
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